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ou l'autre des méthodes précitées de digestion aqueuse à chaud (méthode à volume constant ou méthode à poids constant), le poids normal allemand rapporté à 100 cc. est trop fort.

Je puis dire, par contre, que le poids normal français (16 gr. 26) rapporté à 100 cc convient admirablement pour les dosages pratiqués suivant la méthode DEGENER-SAILLARD (méthode à volume constant). Nous employons toujours 32 gr. 52 de hachure ou de râpure dans les ballons jaugés à 201 cc. et le mélange se fait bien, même pendant la 2o digestion qui a lieu après que le ballon a été rempli jusqu'au trait de jauge et qu'on n'en agite plus le contenu.

Quand il s'agit de la méthode SACHS-LE DOCTE (méthode à poids constant), on peut employer également 32 gr. 52 de râpure ou de hachure (2 fois le poids normal français) pour 200 cc. de liquide. La teneur en marc et la densité du jus ont plus d'influence sur le résultat que si on emploie 26 gr. de râpure où de hachure (poids normal allemand) pour 200 cc.; mais la différence est faible.

Pourrait-on employer, pour pratiquer ces méthodes, 40 gr. de râpure ou de hachure par 200 cc. (au lieu de 32 gr. 26 et 26 gr.) ?

Nous n'avons pas encore fait d'essai en ce qui concerne l'application du poids de 40 gr. pour 200 cc. à la méthode de digestion, en ballon jaugé (méthode à volume constant); mais je suis certain d'avance que le poids de 40 gr. ne peut, dans ce cas, être plus avantageux que le poids de 32 gr. 52.

Par contre, avec la méthode SACHS-LE DOCTE, le poids de 40 gr. pour 200 cc. enlèverait de la précision à la méthode.

Donc, en ce qui concerne le dosage du sucre dans la hachure ou la râpure de betterave et c'est là un dosage des plus importants en sucrerie le poids normal de 20 gr. ne peut donner les mêmes garanties de précision et d'exactitude que le poids normal actuel 16 gr. 26.

b) Dosage du sucre dans les jus.

Oa dose souvent le sucre dans les jus de betteraves, les jus de diffusion, les jus épurés.

On part de 100 cc. de jus, on ajoute du sous-acétate de plomb et on complète à 110 cc. Le résultat de la lecture au saccharimètre, augmenté de 1/10 et multiplié par le 1/100 du poids normal représente le sucre pour 100 cc. de jus.

Il faut noter que les jus ainsi polarisés sont généralement incolores ou peu colorés. Les lectures peuvent donc être faites avec une grande précision.

Quant au résultat de la lecture, il faut l'augmenter de 1/10 avant de le multiplier par 1/100 du poids normal.

Qu'on emploie le poids normal de 16 gr. 26 ou le poids normal de 20 gr., il faudra donc toujours une table pour passer de la lecture à la teneur en sucre pour 100 cc.

Donc, dans ce cas encore, le poids normal de 20 gr. ne présente pas d'avantages sur le poids normal 16 gr. 26, si ce n'est que la

table en question serait plus facile à établir en partant de 20 gr. (avantage négligeable).

c) Analyse des sirops, masses cuites.

Dans la pratique courante du laboratoire, on part généralement d'un poids connu de sirop ou de masse cuite ou d'égout, qu'on amène à un volume connu. On fait ensuite l'analyse du liquide de dilution comme celle d'un jus et on remonte par le calcul, ou par une table à la composition du produit initial.

Quel que soit le poids normal du saccharimètre, il faut toujours dans ce cas une table ou un calcul pour traduire en 。 du produit initial, les résultats de l'analyse.

La table serait, il est vrai, un peu plus facile à établir avec le poids de 20 gr.; mais il n'y a pas d'autre différence et cet avantage est négligeable.

Veut-on simplement doser le sucre dans les sirops ou masses cuites ou sucres ? Alors on pèse le poids normal qu'on amène à 100 cc. (sous-acétate compris). Ici il n'y a aucun calcul à faire, et le chiffre lu représente directement la richesse saccharine du produit, que le poids normal soit 16 gr. 26 ou 20 gr.

Donc, ici encore, le poids normal de 20 gr. ne présente pas d'avantage particulier par rapport à celui de 16 gr. 26.

d) Analyse des mélasses.

Les mélasses se vendent dans le commerce au degré Clerget (c'est-à-dire d'après leur teneur en sucre pour 100 kg).

La détermination de leur teneur en sucre a donc une grande importance au point de vue commercial. Elle est faite par la méthode CLERGET.

Avec la méthode de CLERGET (mode opératoire allemand), le poids normal allemand est trop élevé. Il donne un liquide déféqué qui, dans la presque totalité des cas, à cause de sa coloration trop accentuée, ne peut permettre une lecture exacte au polarimètre.

On est donc obligé en Allemagne, et dans les laboratoires qui emploient le saccharimètre allemand, d'opérer sur le 1/2 poids normal allemand, soit 13 gr. de mélasse par 100 cc.

Le poids normal français 16 gr. 26 est à la limite, et on peut pratiquer la méthode CLERGET française sur la solution normale de mélasse. Il y a peu de mélasses qui demandent à être plus diluées pour l'analyse.

Avec le poids normal de 20 gr. il faudrait n'opérer que sur le 1/2 poids normal, soit 10 gr. pour 100 cc. d'où précision moins grande dans les résultats.

Donc en ce qui concerne le dosage du sucre CLERGET des mélasses, le poids normal de 20 gr. n'a pas les avantages du poids normal 16 gr. 26.

Au moment où on a soulevé, dans les congrès internationaux, la question du poids normal unique de 20 gr., on admettait généralement que le coefficient d'inversion allemand (142, 66) (inversion Clerget) était un coefficient rectifiant celui de CLERGET (144) et qu'il fallait employer le coefficient 142,66 avec tous les saccharimètres de précision bien construits, bien gradués, et quelle que soit la teneur en sucre de la solution sucrée.

Depuis lors, et surtout à partir de 1904 et 1907 j'ai fait remarquer comment les méthodes CLERGET, française et allemande, different l'une de l'autre. J'ai établi également, par des expériences faites à notre laboratoire que les coefficients d'inversion 144 et 142,66 s'appliquent à des conditions d'inversion différentes.

Avec le poids normal de 20 gr., ou le 1/2 poids normal 10 gr., le coefficient d'inversion ne serait ni 144 ni 142,66. Il faudrait l'établir suivant les conditions d'inversion adoptées.

e) Dosage du sucre dans les liquides.

Avec un liquide qui peut être passé directement au polarimètre sans défécation, le résultat de la lecture multipliée par le 1/100 du poids normal donne le sucre pour 100 cc. de liquide.

La multiplication par 0,20 serait évidemment plus facile que la multiplication par 0,1626 ou par 0,26 et dans ce cas le poids normal de 20 gr. dispenserait de l'emploi d'une table. Il y a encore d'autres cas particuliers analogues, mais qui se rencontrent rarement dans la pratique courante des laboratoires de sucrerie.

Cela revient à dire qu'il n'y a pas de poids normal qui ait tous les avantages.

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Il n'y en a pas non plus qui ait tous les inconvénients. Cela tient à la diversité des produits à analyser, à leur degré de coloration etc....... Ce qu'on peut affirmer, c'est que pour deux des produits les plus importants de la sucrerie : la betterave et la mélasse, le poids normal de 20 gr. ne constitue pas une amélioration par rapport au poids de 16 gr. 26. Il apporterait au contraire des causes d'erreur qui n'existent pas ou qui n'ont pas la même importance avec le poids normal 16 gr. 26.

* *

Je voudrais encore ajouter un mot pour terminer.

L'unification des échelles saccharimétriques n'a pas l'importance qu'on lui attribue. En tout cas, elle n'a pas, par exemple, l'importance de l'unification des tables de concordance entre la densité et le poids spécifique des solutions sucrées pures.

C'est ce que j'ai fait remarquer à la Commission internationale d'unification des méthodes d'analyse des produits sucrés, au cours de la réunion qu'elle a tenue à Berne en 1906, et où je représentais le Syndicat des fabricants de sucre de France. La Commission s'est rangée à mon avis.

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Quel que soit le poids normal employé, pourvu qu'il évite les inconvénients que j'ai signalés plus haut et que le saccharimètre soit bien gradué par rapport à son poids normal, on arrive aux mêmes résultats. En d'autres termes, ce n'est pas le poids normal qui en tant que poids normal peut être la cause de divergences dans les résultats.

Il n'en est pas de même des tables de concordance. Si elles n'ont pas toutes le même point de départ, ou si elles ne dérivent pas toutes de la même table, il peut en résulter des erreurs d'interprétation.

Quand on publie les résultats de l'analyse d'un produit sucré, on donne rarement le résultat de la lecture au polarimètre-saccharimètre (à moins que cette lecture ne représente la richesse saccharine) ou si on la donne, on la complète toujours par l'indication de la teneur en sucre du produit analysé (teneur pour 100 gr. ou teneur pour 100 cc.)

Or celle-ci pour être exacte n'a pas besoin d'avoir été obtenue avec des saccharimètres ayant tous le même poids normal.

Au contraire, la pureté d'un produit déterminé avec un densimètre même exact, peut être inexacte si les tables qui servent à établir la matière sèche apparente ne sont pas exactes, ou ne dérivent pas de la même table.

Cela revient à dire que l'unification des échelles saccharimétriques, quel que soit le poids normal dans lequel se ferait l'unification ne peut être comparée, à l'unification des unités de mesure dans les différents pays.

A plusieurs reprises, on a changé le poids normal du saccharimètre français. Les savants qui se sont occupés de la question sont arrivés à des poids de sucre différents pour représenter la déviation de la lame de quartz-éta'on de 1 m/m d'épaisseur.

En partant d'un poids normal connu, (20 gr. par exemple) on renverse le problème : mais on ne le change pas. Il n'est pas plus facile ou difficile de trouver la lame de quartz qui correspond au poids de 20 gr. que de trouver le poids du sucre qui correspond à la lame du quartz de 1 m/m d'épaisseur.

Décréter que le poids normal est de 20 gr. est chose facile; mais il faut savoir si les appareils livrés par les constructeurs répondent bien à leur poids normal.

Il faudrait qu'il y eût un contrôle obligatoire des saccharimètres et des tubes, et que les appareils ne pussent être livrés sans être poinçonnés et accompagnés d'un certificat de contrôle délivré, après essai, par le Service officiel compétent.

Ceci est plus important que l'unification des échelles saccharimétriques et peut d'ailleurs toujours être prescrit.

Des erreurs ont été commises en France au sujet de l'inversion CLERGET et du poids normal françai、; mais la lame de quartz-étalon (1 m/m, d'épaisseur) et la méthode CLERGET sont en quelque sorte liées à l'histoire du saccharimètre.

L'ensemble constitue un système français contre lequel il n'y a pas, même à l'heure actuelle, d'objection de fond à formuler.

Des chimistes allemands avaient voté, dans les congrès internationaux pour le poids de 20 gr ; il sont revenus ensuite au poids normal de 26 gr. 048 par 100 cc. MOHR qui a été adapté au litre métrique et qui est devenu 26 gr. par 100 cc. métriques à 20°.

Et cependant, le poids normal de 26 gr. est trop élevé, et avec des saccharimètres allemands on est presque toujours obligé de n'employer que la moitié du poids normal allemand.

Soit qu'on analyse des betteraves, soit qu'on analyse des mélasses, c'est vers 15 ou 17 gr. que se trouve le meilleur poids normal. Cela veut dire que le poids normal 16 gr. 26 présente plus d'avantages que le poids normal 20 gr. Sans doute il n'est pas un chiffre rond mais, même avec le poids normal de 20 gr., l'emploi de tables ne serait pas évité.

Encore une fois, ce qui est plus important que l'unification des échelles saccharimétriques, c'est le contrôle des saccharimètres et des tubes avant, leur livraison.

HYGIÈNE

LES LAITS CONDENSES ECRÉMÉS

A la demande de M. LE PRÉFET DE POLICE, la lettre ci-après a été adressée aux Présidents et Présidentes des Crèches et œuvres similaires de Paris, par M. le Dr BORDAS, Inspecteur Général Technique des Services d'Hygiène de la Ville de Paris.

MADAME,

Paris, le 28 Juillet 1920,

J'ai l'honneur de rappeler à votre intention un certain nombre de faits de la plus haute importance au point de vue de l'œuvre si utile à laquelle vous avez bien voulu prêter l'appui de votre haute compétence et de votre dévouement si parfaitement désintéressé.

Pendant les chaleurs, vous le savez, les statistiques accusent toujours une augmentation notable de la mortalité infantile; ce pourcentage élevé des décès d'enfants du premier âge, est dù, en majeure partie à des affections de l'appareil digestif : gastro-entérites, cholérines, etc.......

Ces affections sont pres qu'exclusivement d'origine alimentaire; la chaleur n'intervient ici que comme un épiphénomène qui favorise le développement des bactéries dans le lait, et y provoque des altérations d'autant plus rapides que sa qualité est moins bonne.

Or, depuis quelques semaines, nous avons constaté un accroissement assez inquiétant du nombre des décès de nourrissons à Paris, et nous avons cherché à en déterminer, dans la mesure du possible, les causes immédiates.

L'usage des laits concentrés, dont beaucoup sont privés de leur

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