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C'est donc bien la rétention, et non l'inanition, qu'on doit rendre responsable des variations de composition chimique signalées par LAMI, ainsi qu'il apparaît à la lecture des documents analytiques que j'apporte dans cette Note. Néanmoins, il serait fort intéressant de voir le retentissement qu'une inanition prolongée, et non limitée à 36 heures comme dans l'expérience de LAMI, à 48 heures, comme dans la mienne, aurait sur le taux des divers principes constituants du lait.

LE LAIT ET LA FIÈVRE APHTEUSE (1)

Par M. Ch. PORCHER, professeur a l'Ecole vétérinaire de Lyon. Note présentée à l'Académie des Sciences. (Séance du 14 juin 1920).

Les variations de la composition chimique du ait au cours des maladies ont fait l'objet de nombreux travaux desquels il est difficile de tirer des conclusions générales par ce que, ignoré jusque-là des auteurs, intervient un phénomène qui suffit, à lui seul, à donner la raison desdites variations: c'est la rétention lactée. Selon l'importance de celle-ci, l'analyse chimique du lait signale des troubles plus ou moins marqués et cela nous permet de comprendre les contradictions observées dans les résultats des différents auteurs, contradictions apparentes et non réelles, puisqu'elles ne sont que dans l'interprétation et qu'elles s'effacent lorsqu'on fait jouer la rétention lactée.

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Tous ceux qui se sont occupés de l'analyse du lait, au cours de la fièvre aphteuse, ont fourni les chiffres les plus discordants, mais sans chercher à rattacher à leur véritable cause les o-cillations des taux des composants du lait. J'ai émis l'opinion que, dans le cas où ceux-ci étaient déficients, la rétention lactée avait joué, à la suite d'une traite suspendue ou restreinte, en raison de lésions sur les trayons. J'en apporte aujourd'hui la démonstration expérimentale avec des conséquences qui débordent de beaucoup l'unique observation que je vais maintenant exposer.

J'avais depuis peu de jours une vache laitière dans mon laboratoire, lorsqu'elle vint à prendre la fièvre aphteuse. L'évolution de la maladie fut tout à fait typique: température élevée pendant 48 heures, aphtes d'abord dans la bouche, puis sur les trayons. Le trayon A.G. ayant commencé par présenter des aphtes, j'ai décidé de ne pas le traire, voulant déterminer chez lui de la rétention lactée, tout comme la pratique peut la réaliser, mais sans songer à ses conséquences. Les autres trayons n'ayant pas tardé à leur tour à se couvrir d'aphtes, j'ai néanmoins procédé à la traite sur les quartiers correspondants, estimant, a priori, que le lait ne marquerait aucune modification importante; pendant deux jours, j'ai même fait trois traites. Le tableau joint à ma note donne les résultats sur lesquels j'appelle toute l'attention..

(1) Extrait des Comptes Rendus de l'Academie des Sciences t, 171, juillet 1920, p. 122.

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(B) Aphtes dans la

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OBSERVATIONS: (A) Eclosion de la maladie.

(D)

bouche. (C) On ne trait pas le quartier A. G. (rétention). Aphtes sur le trayon. On trait néanmoins. (E) On cesse la rétention qui a duré 38 heures.

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Voici les conclusions que je puis tirer des données analytiques qu'il rassemble:

1o La rétention effectuée sur le quartier A.G. pendant deux jours, m'a fourni des résultats qui sont en concordance parfaite avec ceux

que j'ai antérieurement produits; diminution du lactose, augmentation des matières salines, constance de l'abaissement cryoscopique, forte diminution de l'indice de réfraction, augmentation notable de la conductibilité. Ces derniers documents analytiques ne peuvent prendre place dans cette note.

2o Lorsqu'on a provoqué de la rétention sur un quartier, la sécrétion lactée ne revient que lentement au niveau qu'elle avail antérieurement. On aurait pu, a priori, croire le contraire et admettre que la voie d'excrétion étant ouverte à nouveau, la sécrétion redeviendrait rapidement ce qu'elle était auparavant.

3° Quand on procède, au contraire, à la traite, lors même que les trayons présentent des lésions aphteuses, d abord on recueille un lait de composition normale, ensuite on entretient la sécrétion par l'excitation mécanique qui accompagne la multion et, en dépit de l'état fébrile, on arrive à récolter une quantité de lait peu inférieure, bien moins toutefois que si les traites avaient été diminuées, espacées ou suspendues en raison des lésions aphteuses des trayons, à ce qu'elle était avant l'éclosion de la maladie. Le 10 mai, veille de celle-ci, l'ani mal donnait 13 litres 25 de lait ; le 21, il en donnait 11,75.

La conclusion majeure que je crois pouvoir tirer des deux paragraphes précédents, au point de vue de l'économie de la production du lait, c'est que, au cours de la fièvre aphteuse, qu'il y ait ou non des lésions sur les trayons, il importe de procéder aux traites comme à l'ordinaire, voire même de les multiplier au point d'en faire trois et même quatre par jour.

La gymnastique fonctionnelle ainsi intensifiée de la glande, au cours de la maladie, permettra à la sécrétion d'approcher de près le taux qu'elle avait auparavant, et ceci, second avantage non moins important, plus rapidement.

Sans nier, sans amoindrir le rôle encore mal défini de la maladie sur la sécrétion lactée au point de vue quantitatif, je ne suis pas loin de penser que le déchet observé dans la production laitière serait de beaucoup diminuée si, et je crois bon de le répéter, on procédait à la traite comme à l'ordinaire, avec encore plus d'application.

LES TOURTEAUX DE LIN CYANHYDRIQUES

Communication présentée à la Société des Experts Chimistes par M. E. KOHN-ABREST, Chef du Laboratoire de Toxicologie à la Préfecture de Police.

La présence d'un glucoside cyanogénétique, la tinamarine dans les graines de lin a été signalée depuis longtemps; une étude plus approfondie de la linamarine a établi qu'elle est identique aux phaseolunatines extraites par DUNSTAN et HENRY (1901), puis par nousmêmes (1906) des haricots ou pois de Java (1).

(1) Koh-Abrest C. R. A. Sciences, mars et juillet 1996. — Ann. Hygiène et Médecine Legale, 1906, etc.

Toutefois cette présence semble avoir été perdue de vue; il y a lieu de la rappeler, car les tourteaux de lin sont utilisés tation des animaux.

pour l'alimenNous avons donc effectué la recherche de l'acide cyanhydrique tant dans les graines que dans les tourteaux ordinaires.

Les procédés suivis sont les mêmes que ceux que nous employons pour les haricots cyanhydriques, les farines de manioc, etc... lls comportent un essai préliminaire et un dosage.

1° Essai préliminaire (d'après GUIGNARD).

Introduire environ 5 à 10 grammes du produit concassé ou broyé dans un flacon, ajouter suffisamment d'eau pour faire une bouillie claire, (en général poids égal), bien boucher le flacon avec un bouchon de liège au fond duquel on aura fixé verticalement, au moyen d'une épingle, un fragment de papier picrosodé (préparé d'avance suivant la technique de M. Guignard, c'est-à-dire tremper un papier à filtre blanc dans une solution aqueuse de 1 % d'acide picrique, laisser sécher, tremper dans une solution aqueuse de carbonate de soude à 10%, sécher de nouveau, couper en bandelettes de 9cm x 4m/m conserver à l'abri de l'air et de l'humidité).

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Les vapeurs d'acide cyanhydrique colo:ent ce papier en rouge par formation d'isopurpurate de soude; la coloration se produira avec une rapidité et une intensité proportionnelle à la dose d'acide cyanhydrique dégagé.

Voici à titre d'exemple, ce que nous observons dans les conditions ci-dessus avec différents végétaux:

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Après 24 heures l'essai peut être co sidéré comme concluant. Le résultat négatif ne signifie cependant pas absolument absence de composés cyanogénétiques. Il prouve seulement qu'aucune hydro lyse avec mise en liberté d'acide cyanhydrique ne s'est produite. Il se pourrait en effet que dans les produits cuits, plats farineux, purées de haricots, pain, etc., la distase nécessaire à l'hydrolyse. ait été détruite par la cuisson, tandis que subsistent les glucosides cyanogénétiques.

Aussi l'essai préliminaire devra-t il être complété par un procédé qui permettra, dans tous les cas, d'isoler l'acide cyanhydrique et

de le doser.

2o Procédé de dosage de l'acide cyanhydrique dégagé par un produit quelconque contenant des glucosides cyanogénétiques (E. Kohn-Abrest).

Introduire une partie d'un produit à essayer (en général 50 gr.) concassé ou broyé et dix parties d'eau dans un ballon dont le vo

lume soit environ 4 à 5 fois celui du mélange en macération, boucher soigneusement.

Abandonner pendant 4 heures vers + 37° ou 40°, ou bien pendant 24 heures à la température ordinaire, en agitant de temps en temps. Refroidir s'il y a lieu et ajouter rapidement de l'acide chlorhydrique pur, à raison de 2cc par 100cc du mélange (1).

L'addition de cette faible proportion d'acide chlorhydrique, sans action notable sur le produit cyanogénétique, suffit pour éviter la formation des mousses qui rendraient la distillation ultérieure pratiquement impossible. On relie immédiatement ensuite le ballon à un réfrigérant l'extrémité de ce dernier plonge au fond d'une petite fiole contenant quelques centimères cubes d'eau, et on distille au bain de chlorure de calcium.

La distillation s'effectue en deux phases:

1o On isole d'abord l'acide cyanhydrique mis en liberté au cours de la macération du produit dans l'eau. A cet effet, il suffit de recueillir à l'extrémité du réfrigérant environ le quart du volume du mélange soumis à la distillation (2), et d'y doser l'acide cyanhydrique par l'iode, comme on l'indiquera plus loin.

2o On poursuit la distillation après avoir introduit dans le balion qu'on a débouché, juste le temps suflisant, un fort volume d'acide chlorhydrique pur, égal au 1/10 du volume du mélange primitif (3). On recueille ainsi encore une certaine dose d'acide cyanhydrique, due cette fois uniquement à l'action de l'acide chlorhydrique sur le produit générateur d'acide cyanhydrique n'ayant pas été dédoublé par la macération du produit dans l'eau (4).

Pour l'isoler, il suffira de recueillir au cours de cette distillation les 3/5 du volume de liquide primitivement dans le ballon (soit 300cc pour une prise d'essai de 50 grammes du produit végétal). On dosera à son tour, dans le liquide recueilli, l'acide cyanhydrique, par l'iode.

(1) Il est difficile de donner des indications précises, quant au poids des prises d'essais du produit à étudier. queiques grammes suffiraient déjà lorsque les produits sont riches en principes cyanogénétiques, comme les pois de Java 50 grammes sont indiqués dans tous les cas. Pour cette dernière prise d'essai, ajouter par conséquent 500 d'eau dans un ballon de 2 litres. Après la macération suffisante ci-dessus indiquée, refroidir s il y a lieu, ajouter 10 d'acide chlorhydrique et relier le ballon à un réfrigérant, en vue de la disti lation. Si l'on ne possédait pas assez de ballons de 2 litres, on pourrait effectuer la macération dans des flacons bien bouchés, en ajoutant cette fois 300° d'eau par 50 grammes de produit. On introduit alors après macération le mélange dans un ballon de 2 litres d un appareil à distillation. et on rince le flacon au moyen de 200cc d'eau, ajoutés finalement dans le ballon avec 10°c d'acide chlorhydrique.

(2) 130 s'il s'agit par exemple d'une prise d'essai de 50 gr. (3) 50cc s'il s'agit d'une prise d'essai de 50 gr.

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(4) Dans les graines broyées des haricots cyanhydriques (Pois de Java, d'Achery, haricots de Birmanie, du Cap, de Madagascar, etc...) une partie seulement (les 2/3 ou tout au plus les 3/4) de l'acide cyanhydrique se trouvent libéré par contact d'eau. Le reste ne l'est qu'à l'ébullition en présence d'un fort excès d'acide chlorhydrique ou sulfurique. Dans la racine de manioc broyée, par contre, c'est presque en totalité que l'acide se trouve libéré par hydrolyse simple; dans les graines de lin, environ les 4/5.

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