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M. Le professeur GAYON a également démontré qu'on peut retrouver dans l'œuf les bactéries les plus diverses, des levures, des spores de moisissures, et tous les germes qui peuplent les poussières du sol sur lequel les pondeuses viennent s'ébattre.

Des études bactériologiques ultérieures ont même permis de retrouver dans quelques œufs les microorganismes les plus dangereux.

Il était donc naturel de songer à vérifier l'asepticité des œufs granulés, des comprimés d'œufs et des poudres d'œufs.

Les nombreuses cultures faites dans ce sens démontrèrent que ces produits contiennent, en moyenne, par gramme, environ 10000 gernes aérobies. Une moisissure le penicillium glaucun apparut invariablement sur toutes les cu tures. Nous fùmes également frappés par la présence constante de colonies arrondies produisant un pigment verdâtre et fluorescent et peuplées de bâtonnets asporogènes, légèrement mobiles, croissant surtout bien entre 21° et 25° et donnant en bouillon un voile et pas de trouble apparent. Ce germe, à forme de bâtonnet que nous croyons être le bacillus viridis pallescens semble l'hôte le plus commum des produits examinés. La dessication que ces derniers ont subie à une température plus ou moins élevée ne les a donc pas privés de tout germe et ceux qu'ils conservent ne peuvent que contribuer à leur altération.

Pour cette raison encore, il est prudent que la consommation de ces granulés, de ces comprimés et de ces poudres n'ait pas lieu à une époque trop éloignée de leur fabrication et il serait opportun d'imposer aux fabricants l'inscription sur ces produits de la date de préparation.

LA CIRE DE CANDELILLA

Par M, L. FARCY, Ingenieur-Chimiste au Laboratoire Central
du Ministère des Finances.

La cire de Candelilla est extraite du Pédilanthus pavonis, plante cactiforme de la famille des Euphorbiacées, très répandue dans certaines parties du Mexique.

La récolte a lieu par arrachage des plantes, ce qui paraît-il ne nuit pas à sa conservation, car, étant donné l'enchevêtrement des racines, une nouvelle plante remplace rapidement la plante arrachée. On peut récolter de 25 à 30 tonnes de plantes à l'hectare.

La cire s'obtient en plongeant les tiges dans l'eau bouillante et en écrèmant la matière qui surnage. Elle représente environ 3% du poids de la plante.

Cette cire qui est plus dure et plus cassante que la cire d'abeilles, est parfois confondue dans le commerce avec la cire de Carnauba mais elle présente, à l'encontre de cette dernière, une forte quantité d'insaponifiable qui a pu faire croire à une falsification par addition d'Ozokérite ou de Paraffine.

Les auteurs qui se sont occupés de cette cire donnent des nombres

FALSIFICATIONS Nos 135-136

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très variables tant pour son point de fusion (qui varie d'après eux de 68 à 80°) que pour son indice de saponification.

Nous avons pu nous procurer des plants de Pédilanthus aphyllus que nous avons épuisés au Soxhlet et nous avons obtenu une cire que nous avons étudiée en suivant la méthode préconisée par BuiSINE (1). Ce sont les résultats de cette étude qui figurent ci-dessous (2).

L'épuisement à la benzine nous a donné un bien meilleur résultat que l'extraction à l'eau bouillante puisque le rendement s'est élevé à 6% du poids de la plante.

(La solution benzénique évaporée donne un culot qui porte à la partie inférieure des écailles brunes; ces écailles ont été réunies dans une capsule et portées au bain-marie; la cire qui y adhère fond mais non les écailles; on décante plusieurs fois pour éliminer la cire puisl'ou porte à l'étuve à 100-110°; la masse fond et donne un culot brun foncé translucide dont le poids est d'environ les 2/100 de celui de la cire obtenue: sa densité est de 1.091. En raison de la très faiblequantité de cette matière, nous n'avons pu procéder à aucune détermination).

La cire de Candélilla ainsi obtenue se présente sous la forme d'une masse brun clair. Sa densité varie de 1.001 à 1.002. Son point de fusion de 64 à 66o.

Nous avons procédé aux divers essais préconisés par BUISINE dans l'ouvrage précité et nous reproduisons ci-dessous sous forme de tableau les résultats obtenus.

ACIDES
DE LA
CIRE.

ALCOOLS

DE LA
CIRE.

HYDROCARBURES

DE LA
CIRE.

Acides
libres.

18,51 à 19,26 mgr. KOH pour 1 gr. de cire. 13,52 à 14,06 d'acide cérotique 。.

Totalité des acides 66,23 à 66,59 mg. KOH pour 1 gr.

Acides combinés.

{

46,97 à 48,08 mgr. KOH pour 1 gr.

21,42 à 21,92 d A. Palmitique °。.

56.59 à 57,93 de palmitate de myricile %.

Rapport des acides libres aux acides combinés : 2,4 à 2,6.
Total (A. Cérotique + Myricine), 70,11 à 71,99 (3).

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Hydrogène dégagé par gramme de cire 43cc,7 à 45,8.

Alcool mélissique % de cire 42,6 à 44,7.

Rapport de l'alcool mélissique à l'A. Palmitique 1,98 à 2,04 (4).
Hydrocarbures o, de cire (5) 33,62 à 34,80.

Point de fusion des hydrocarbures 65 à 67.

Indice d'iode des hydrocarbures 115 à 120 mgr.

(1) A et P. BUISINE. La cire d'abeilles. Li'le, 1891

(2) Ce travail était achevé en juillet 1914 et seule la mobilisation en a empêché la publication.

(3) En y ajoutant les hydro carbures, l'on arrive à un total de 103,73 à 106,79 (qui s'explique par le fait que les coefficients supposent la cire composée seulement d'A. Cérotique et de myricine sans tenir compte des homologues).

(4) Ce rapport élevé s'explique par la présence d'alcool libre.

(5) Chauffe à la température 300-310°.

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Ainsi que BUISINE l'a lui-même signalé pour la colophane, l'action de la chaux potassée n'est pas toujours achevée à la température de 250°; pour la cire de Candelilla en particulier, il est nécessaire de monter jusqu'à 300 et même 310° pour obtenir la décomposition intégrale des alcools.

L'on trouvera ci-dessous les résultats d'expériences faites à diverses températures; nous donnons en même temps les constantes des acides gras provenant de la décomposition des savons de potasse produits dans l'opération.

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Si l'on chauffe davantage, la décomposition des acides de la série oléique se produit en même temps que les hydrocarbures commencent à distiller; nous avons ainsi obtenu à 350° un nouveau dégagement de 49,4 cc. et les hydrocarbures tombaient à 28,84.

En terminant, nous rapprochons dans un tableau, les principales constantes de diverses cires; le simple examen de ce tableau prouve qu'il n'y a nullement lieu de redouter de mélanges frauduleux pouvant être acceptés à la faveur d'une confusion avec la cire que nous venons d'étudier : en particulier, sa forte teneur en acides libres et son ind ce d'iode élevé suffiraient à permettre de déceler une fraude.

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HYGIÈNE

ADDITION DE BENZOATE DE SOUDE

aux confitures; gelées, marmelades et compotes de fruits. Rapport présente au Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France par M. le D' BORDAS.

Par une lettre en date du 6 juin M. LE MINISTRE DE L'AGRICULTURE demande à M. LE MINISTRE DE L'INTÉRIEUR de lui faire connaître l'avis du CONSEIL SUPÉRIEUR D'HYGIÈNE PUBLIQUE DE FRANCE Sur la question. suivante :

« Peut-on, à titre exceptionnel, et pour cette année, tolérer l'addition aux confitures, gelées et marmelades, ainsi qu'aux compotes de fruits, de benzoate de soude à la dose de 1 gr. par kgr. »

La lettre de M. LE MINISTRE DE L'AGRICULTURE ET DU RAVITAILLEMENT est ainsi conçue: \

«La transformation en confitures est le meilleur moyen pratique de conserver pour l'alimentation la majeure partie des fruits récoltés. La dessication et la conservation en frigorifiques, outre qu'elles constituent des procédés industriels, ne sont pas applicables à tous les fruits »><.

Mais, la fabrication des confitures va se trouver très limitée cette année par la quantité de sucre qui doit pouvoir être mise à la disposition des fabricants et des particuliers pour la fabrication familiale.

Dans ces conditions, je vous serais obligé de bien vouloir poser d'extrême urgence au Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France la question suivante :

Peut-on, à titre exceptionnel et pour cette année, tolérer l'addition aux confitures, gelées, marmelades, ainsi qu aux compotes de fruits, de benzoate de soude à la dose de 1 gr. par Kgr. au maximum?

L'addition de cet antiseptique permettrait la fabrication, avec des quantités de sucre réduites, et qui seraient insuffisantes à elles seules pour assurer la conservation normale des produits dont il s'agit?

Je n'ignore pas que la Haute Assemblée s'est déjà prononcée contre l'emploi de l'acide benzoïque et du benzoate de soude, adoptant les conclusions du rapport de M. le Professeur POUCHET, dans sa séance du 27 août 1888, et que, par circulaire du GARDE DES SCEAUX, du 16 octobre 1888, les Procureurs Généraux ont été invités à poursuivre l'addition d'acide benzoï jue aux aliments comme une falsification nuisible à la santé; mais il ne s'agit ici que de son emploi momentané, à dose limitée, et pour certains produits seulement.

Les Etats-Unis d'Amérique, dont la législation est si rigoureuse en matière d'alimentation, admettaient (F. I. D. N° 76 du 18 juin 1907) l'usage de l'acide benzoïque ou de benzoate de soude, pour certains produits, à la condition que la présence du conservateur soit clairement indiquée à l'acheteur sur l'étiquette et que la dose ne dépasse pas 1 gr. de benzoate par kilog.

Peu après, le Dr WILEY, Chef du Laboratoire du Ministère de l'Agriculture aux Etats-Unis, fit connaître le résultat d'expériences qui l'avaient conduit à reconnaître que si le benzoate de soude est le moins nocif des antiseptiques, il n'était pas moins désirable, suivant lui, que, dans l'intérêt de la santé publique, cet antiseptique fùt proscrit de toutes les substances servant à l'alimentation; le Dr WILEY ajoutait que les conservateurs sont des substances étrangères à propriétés toxiques, que l'organisme est obligé d'éliminer; or les reins suffisent à peine à leur travail d'épuration, et il ne convient pas de leur imposer la tâche supplémentaire que comporte l'élimination du

benzoate de soude.

Mais, le REFEREE BOARD OF CONSULTING SCIENTIFIC EXPERTS auquel la question fut alors soumise, conclut formellement que l'addition de benzoate de soude aux aliments ne présentait aucun danger, et le FOOD DECISION No 104 du 3 mars 1909 sanctionne cet avis, autorisant l'emploi de cet agent conser valeur dans les matières alimentaires, sous la seule réserve que sa présence, avec l'ind.cation de la dose, serait clairement indiquée aux acheteurs.

J'ai cru devoir rappeler ces faits, parce qu'ils me paraissent de nature à justifier une dérogation à la règle posée que, par ailleurs, les circonstances rendent hautement désirable ».

La lettre de M. LE MINISTRE DE L'AGRICULTURE et du Ravitaillement pose très nettement le problème que nous avons à résoudre.

Comme il est rappelé plus haut, le CONSEIL SUPÉRIEUR D'HYGIÈNE PUBLIQUE DE FRANCE s'est déjà prononcé contre l'emploi de l'acide benzoïque ou de benzoate de soude dans les matières alimentaires.

En ce qui nous concerne, l'avis du REFEREE BOARD OF CONSULTING SCIENTIFIC EXPERTS, ne nous a pas convertis :

Le benzoate de soude à la dose de 1 gr. par kilog est un antiseptique ou n'en est pas un.

S'il est un antiseptique (et la chose ne nous paraît pas douteuse), nous ne pouvons en admettre la présence dans une matière alimentaire.

Si le benzoate de soude, employé aux doses indiquées, ne possède au contraire pas de pouvoir antiseptique, nous devons en considérer l'emploi comme inutile et par conséquent le rejeter.

Jusqu'à preuve du contraire, nous ratifions donc entièrement l'avis de M. POUCHET, et ne croyons pas devoir demander au Conseil de revenir sur son avis déjà formulé.

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