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AVANT-PROPOS

Ce livre est un mémoire couronné par l'Académie des inscriptions et belles-lettres dans sa séance publique du 19 novembre 1886. L'Académie avait mis au concours la question suivante :

Faire, d'après les textes et les monuments figurés, le tableau de l'éducation et de l'instruction que recevaient les jeunes Athéniens, au ve et au Iv° siècle, jusqu'à l'âge de dix-huit ans >>. Tout en restant fidèle à mon plan primitif, j'ai, sur plus d'un point, sensiblement modifié ma première rédaction. Des additions m'ont paru nécessaires. Sans m'étendre sur les exercices physiques, qui ont été l'objet de nombreux travaux, j'ai cru devoir en donner un rapide aperçu, qui en montrât le caractère et fit voir la place qu'ils occupaient dans l'éducation de l'enfant. Des découvertes récemment publiées m'ont, de plus, conduit à parler des éphèbes, c'est-à-dire des jeunes gens de dix-huit à vingt ans, à rechercher quelle était, au ve et au ve siècle, l'organisation de l'éphébie, quelles études on y faisait, quelles leçons y complétaient l'enseignement de l'école.

Parmi les savants qui se sont occupés de l'éducation antique, les uns ont peint l'éducation grecque en général, les autres ont décrit parallèlement l'éducation grecque et l'éducation romaine. Il était intéressant de se demander ce que fut proprement l'édu

cation athénienne. Les Athéniens ont eu des qualités très personnelles, qu'ils ont portées dans leur pédagogie. Ce sont ces qualités que j'ai essayé de mettre en lumière, moins soucieux de tout dire que de présenter une vue d'ensemble, qui permît de concevoir comment se formaient, à Athènes, les jeunes esprits, par quels moyens ils acquéraient cette pénétrante justesse, ce sentiment délicat de l'ordre et de la mesure, ce goût de la beauté littéraire et de la beauté morale qui distinguent les Attiques et font qu'ils ont été les modèles et les éducateurs de la Grèce.

Dans un pareil sujet, c'est aux textes surtout qu'il fallait recourir, mais l'épigraphie et l'archéologie figurée ne pouvaient manquer de fournir de précieuses indications. Les inscriptions éclairent bien des problèmes qui demeureraient obscurs, si l'on s'en tenait à la connaissance des auteurs; les monuments, les vases peints particulièrement, qu'on date aujourd'hui à quelques années près, apprennent une multitude de faits sur lesquels la littérature reste muette. User de toutes ces ressources pour pénétrer plus avant dans l'intelligence de la vie antique, telle doit être la méthode de l'érudition. C'est cette méthode que je me suis efforcé de suivre, me conformant, en cela, au programme qui m'était tracé.

Juin 1889.

L'ÉDUCATION ATHÉNIENNE

AU V ET AU IVe SIÈCLE AVANT J.-C.

INTRODUCTION

Les Grecs, qui ont excellé dans tous les arts, n'ont point ignoré l'art d'instruire et de former l'enfance. De bonne heure, ils ont eu sur l'éducation certaines idées qu'il est utile de faire connaître, avant d'examiner en quoi consistait, au ve et au ive siècle, l'éducation des jeunes Athéniens. Leurs plus grands philosophes, Platon, Aristote, ont été de subtils et ingénieux pédagogues; leurs principaux législateurs, un Lycurgue, un Solon, se sont occupés de l'instruction qu'il convient de donner à la jeunesse. Comment les Grecs en général ont-ils conçu l'éducation? Quel but leurs philosophes et leurs hommes d'Etat lui ont-ils assigné? Telles sont les questions auxquelles il faut répondre, avant de nous demander ce que fut, à Athènes, pendant la période la plus brillante de son histoire, la culture nationale.

I

Idées des Grecs sur l'éducation.

De toutes les qualités de la race grecque, une des moins contestables est la curiosité. Tandis que le barbare, brutal et grossier, ne fait cas que de la vigueur physique, l'Hellène, avide de connaissances, admire la science et la cultive; il a pour les savants, qu'il confond avec les sages, un touchant respect; savoir est à ses yeux un bien inappréciable, ignorer est le plus grand des maux. C'est cette curiosité toujours en

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